Quel est l'avenir du private banking en Suisse?Dr Konrad Hummler, Associé-gérant, Wegelin & Co. Banquiers Privés
Comme nous le savons tous, l’année 2009 fut une «annus horribilis» pour notre place financière. En premier lieu, nous avons tous constaté avec effroi que certaines institutions bancaires helvétiques appartenaient également au noyau dur de ceux qui portent la responsabilité des crises systémiques. Dans le même temps, le haut niveau d’interdépendance qui caractérise nos activités et l'importance vitale que revêt la stabilité des conditions cadres (trafic des paiements, prestations sur les marchés des changes, opérations de clearing et de règlement) pour le fonctionnement de notre système ont éclaté aux yeux de notre pays et en particulier de notre profession, celle de banquier privé. Il ne nous appartient certainement pas d'élaborer des modèles d'affaires pour d'autres banques, et telle n’est pas notre intention. Mais la crise nous apporte néanmoins un enseignement indiscutable: l’alliance imprudente entre des fonctions essentielles au système et certaines opérations à haut risque n’a aucun avenir. Si nous voulons éviter que dans un excès de zèle réglementaire, des dispositions sur la taille de l'institution ou une adéquation nominale des fonds propres ne conduisent à une situation de quasi-rationnement du système, les grands établissements bancaires de la planète devront nécessairement passer par un changement de structure fonctionnel. Pour des raisons liées au système et à la concurrence, il faut impérativement faire en sorte qu'à l'avenir, une garantie d’Etat implicite ou explicite puisse uniquement être accordée là où elle est de toute évidence indispensable, c'est-à-dire à la partie du secteur bancaire essentielle au fonctionnement de notre système. |